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Biographie d'Henri Ey

Henri Ey ou « Le Pape de la Psychiatrie Française »
1900-1977

S’il ne nous appartient pas de dresser le bilan de l’impact du Docteur Henri Ey sur la psychiatrie française et mondiale, nous savons ce que nous devons à sa théorie organodynamique, sa méthode participative, et la manuel de psychiatrie que d’aucuns avait pris coutume d’appeler la « bible », ce qui n’aurait peut-être pas plu au « pape » eu égard à son respect pour les saintes écritures.

  • L'entrée de l'hôpital Henri Ey
  • L'hôpital Henri Ey
  • L'accueil de l'hôpital Henri Ey
  • L'hôpital Henri Ey
  • Le hall de l'hôpital Henri Ey
  • L'hôpital Henri Ey

Né à l’aube du XXème siècle, à Banyuls Dels Aspres, dans la zone frontalière des Pyrénées Orientales, de parents viticulteurs catholiques catalans, il fut l’aîné de quatre enfants. C’est dans le village de Cerets qu’il a fait ses études primaires (1904-1910) et qu’il aurait découvert sa vocation de ses « discussions avec un homme étrange que tout le monde appelle le « fou », auquel il fait référence dans la « Notion de schizophrénie ».

Après des études secondaires au collège dominicain de Sorèze dans le Tarn où il se serait découvert une passion pour la corrida, il a rejoint la faculté de médecine de Toulouse en 1917.

De 1920 à 1926, il poursuit ses études à Paris et défend sa thèse de doctorat en médecine (1926) sur « glycémies et maladies mentales ». Il obtient en parallèle une licence de philosophie à la Sorbonne avant de partir effectuer son service militaire au Maroc, à Casablanca, en tant qu’expert psychiatrie auprès des armées (1926-1927).

A son retour en France, il intègre en tant qu’interne, les hôpitaux psychiatriques de la Seine dans le service des Docteurs Paul Guiraud et Henri Claude. Dans la salle de garde de Sainte Anne, dont les murs surréalistes sont peints par Oscar Dominguez, il se lie d’amitié avec ses futurs confrères, Lacan, Rouard, Male, Mareschal, Le Guillant, et bien d’autres.

Une figure incontournable de la psychiatrie française

De 1931 à 1933, il travaille comme chef de clinique dans le service d’Henri Claude à l’hôpital Sainte Anne. Il participe à la réorganisation de la bibliothèque médicale fondée en 1867 et établit un plan de classification qui est toujours de rigueur. C’est à cette époque qu’il rencontre au cours d’une soirée « Tonus », Renée qui deviendra son épouse.

En 1933, il est nommé médecin chef à l’hôpital psychiatrique de Bonneval, près de Chartres, dans un service de femmes de 380 lits. L’hôpital de Bonneval a pris la place de l’ancien cloître de l’Abbaye Bénédictine de Saint Florentin, et Henri Ey installa son bureau dans les anciennes cuisines.

Il y travaillera jusqu’à sa retraite, exception faite de se mobilisation dans l’armée (1939-1940), de son entrée en résistance à partir de 1944, au sein des forces françaises libres d’Eure et  Loire (il sera décoré de la Croix de Guerre), et d’une courte affectation au Val de Grâce au lendemain de la libération.

Il apparaît rapidement comme une figure incontournable de la psychiatrie hexagonale en devenant secrétaire général et rédacteur en chef de l’évolution psychiatrique (1947), puis mondiale à partir de 1950, comme en témoigne sa participation à de nombreux colloques à travers l’Europe et l’Amérique du Sud ainsi qu’au Canada.

Bourreau de travail, il reçoit ses patients jusqu’à minuit et le dimanche ; il a à cœur de transmettre son expérience et son savoir à ceux qui veulent apprendre et institue notamment les « mercredis de Sainte Anne ».

Après un premier infarctus en 1969, il prend sa retraite et se retire à Banuyls Dels Aspres en 1970. L’hôpital de Bonneval organise, le 21 juin 1970, une cérémonie d’hommage à Henri Ey, dont les principaux discours ont été recueillis dans le numéro 79 de la revue « Bons sens », revue de l’entraide psychosociale féminine d’Eure et Loire.

C’est le docteur Henri Barte qui a introduit la cérémonie d’adieu à son service. La réponse d’Henri Ey se termine par ces mots : « …Nous prenons congé de vous. Il faut le faire très gaiement puisque je vous laisse en de très bonnes mains…en vous souhaitant à toutes de guérir le plus vite et le plus complètement possible ».

Après sa retraite, il continuera d’œuvrer à l’amélioration de notre connaissance des pathologies mentales : « 1973 – traité des hallucinations »  « 1975 – des idées de Jackson à une conception organodynamique » et poursuivra également son engagement politique pour la défense de la psychiatrie, engagement qui a commencé en 1966 avec le livre blanc de la psychiatrie française et le plan d’organisation de la psychiatrie. Plus tard, en 1972, il a participé au Comité des psychiatres français contre l’utilisation des la psychiatrie à des fins politiques, et a fait de nombreuses interventions tout au long de sa vie dans différents contextes.

Il s’éteint dans la demeure où il avait vu le jour, le 8 novembre 1977.

 

De vibrants et nombreux hommages

Humaniste et homme de science, ses travaux lui ont valu de vibrants et nombreux hommages de son vivant et post mortem et ce, tant de la part de ses confrères que de ses patients.

« Il a accompli son devoir d’homme libre, d’un peuple libre, et démontré par son œuvre que la liberté était pour lui le Bien Suprême. Sa conception de la liberté était consubstantielle à son existence, à son être dans le monde et à sa pensée médicale parce que la psychiatrie avait pour lui, pour seul objectif, d’aider l’homme malade à retrouver sa liberté, parce que la maladie mentale est la pathologie de la liberté », écrivit de lui en 1986, le psychiatre argentin Edouardo Luis Mahieu dans un hommage à Henri Ey.

Hommage de ses anciens élèves :

« Heureux et fiers d’avoir eu le plaisir de servir un maître qui a lui-même très brillamment et très humainement servi la psychiatrie et les malades ».

Hommage des infirmières :

« Pour humaniser l’asile qui deviendra hôpital, pour transformer notre tâche de gardienne en celle d’infirmière, Dieu sait quelle bataille il vous a fallu livrer !!! La formation que vous nous avez donnée nous a permis d’aider les malades à les soigner suivant votre doctrine « avec le cœur ».

« Il est bien reconnu que dans les divers services, le seul nom du docteur Henri Ey allume sur les visages une étincelle d’espoir et de vie, et les oreilles s’entrouvrent, même chez les malades les plus réticents qui lui reprochent parfois de crier un peu fort. Le dialogue peut alors s’instaurer et bien qu’il ne soit pas toujours aisé, il donne pour quelques instants la certitude pour le malade qu’il existe au même titre que tout être humain, et en cela il est déjà bénéfique. Pas de jour férié pour lui, et les dimanches n’existent pas : il reçoit ses malades », témoigne l’une de ses pensionnaires dans le numéro 79 de la revue Bon Sens.

Issu d’une culture humaniste franco espagnole et fort d’un appétit insatiable de connaissances pluridisciplinaires, ses nombreux écrits sont les meilleurs témoins de son esprit d’ouverture et de la méthode participative qui fut la sienne, une méthode et une théorie qui donna naissance au livre de chevet de la génération de psychiatres qui lui a succédée : le manuel de psychiatrie rédigé en collaboration avec Paul Bernard et Claude Brisset et qui a fait de lui, plus encore que les mercredis de Sainte Anne, une figure incontournable de la psychiatrie française mais aussi mondiale.

Son approche englobante de la pathologie mentale qu’il qualifiait d’organodynamique, n’a rien perdu de sa vigueur, de sa pertinence et de son actualité. Ainsi, malgré sa disparition, le Docteur Henri Ey reste un exemple de professionnalisme, d’humilité, ainsi qu’une source d’inspiration pour le psychiatre d’aujourd’hui et de demain.

Qualité

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