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Regards croisés sur les 5 ans de l’hôpital Henri Ey

Vie de l'établissement

Publié le 02 juin 2010

 - Auteur : Communication

L’hôpital Henri Ey fêtait ses 5 ans vendredi 28 mai 2010. Afin de retracer cette journée anniversaire, voici les regards croisés d’usagers et membres du personnel qui s’étaient réunis le temps d’un après-midi, pour l’occasion.

Il est 14h ce vendredi 28 mai : personnels, patients et familles sont réunis dans le hall de l’hôpital Henri Ey. Yves et Linda, tous deux patients à l’hôpital,  distribuent avec Dominique, bibliothécaire, le premier numéro du journal des patients : « Chut Chut, écoute… », tout un programme.

Sylvie Wieviorka, présidente du Conseil d’Administration, Carole Festa, Directrice et le Dr Christiane Santos, présidente de la Commission Médicale d’Etablissement prennent tour à tour la parole pour ouvrir les festivités. Elles commencent par rappeler le déménagement des patients au moment de l’ouverture de l’hôpital Henri Ey, il y a cinq ans. Elles font ensuite le bilan et nous font part des évolutions réalisées. L’ouverture de l’hôpital Henri Ey, soulignent-elles, a permis de rapprocher le patient de son lieu de vie. Elles tiennent à féliciter les équipes soignantes et médicales pour le travail quotidien qu’elles effectuent et qui permet de rendre plus agréables les conditions de séjour des patients. Elles notent également l’importance du travail réalisé par l’équipe animation et bibliothèque. Gwendoline nous rappelle ensuite le programme de l’après-midi avec plusieurs temps forts : réalisation d’une fresque avec les patients dans le hall, projection du film « Transfert » dans la salle de conférence et ensuite un goûter pour clore la journée. Mais avant tout cela, la parole est donnée aux patients de l’Hôpital de Jour de Varenne qui ont souhaité venir témoigner pour cette journée anniversaire.

 Ateliers d’expression

Albert, Aude et Jean-Pierre prennent tour à tour le micro pour s’exprimer sur les ateliers auxquels ils participent à l’Hôpital de Jour de Varenne. Lorsqu’ils ont terminé, nous nous entretenons avec eux. Albert nous parle de l’Hôpital de jour de Varenne: « il sert à recoller les morceaux, avec la psychiatrie et les médicaments. Aujourd’hui, une assistante sociale m’aide à trouver un foyer, pour que je puisse avoir une vie normale. A l’Hôpital de Jour je me sens protégé, j’ai un référent, un médecin que je vois toutes les deux semaines. Dans la vie, je suis comédien, alors j’ai souvent participé aux ateliers théâtre. A Varenne, on improvise, on donne des représentations. Cela procure du plaisir et du soulagement aussi. C’est une forme d’expression qui me fait du bien». Aude, quant à elle « aime dessiner et peindre et participer aux ateliers d’expression organisés à Varenne. Cela permet de comprendre ce qu’il y a dans notre esprit, nous dit-elle, dans notre conscience. J’apprécie aussi l’atelier d’écoute musicale du vendredi. Tout cela permet de faire autre chose dans la vie». Marguerite Vinot, cadre de santé à l’Hôpital de Jour de Varenne, revient pour nous sur ce que la création de hôpital Henri Ey a changé. « Cela a permis de réduire le temps de transport entre  l’hôpital Henri Ey et l’Hôpital de Jour de Varenne, créant ainsi plus d’autonomie pour les patients. La plupart des patients que l’on accueille ont d’abord été hospitalisés. Une proposition d'admission est faîte aux professionnels de l'hôpital de jour lors d'une réunion de service. Le patient doit faire lui-même la demande d'un rendez-vous pour obtenir une pré-admission. Suite à cet entretien, il lui sera proposé une période d'essai de 15 jours. De ce qui ressortira de cette période d'essai, lors de réunions et de synthèses faîtes en équipe pluridisciplinaire, sera construit son projet de soins. Elle termine par cette phrase « on reçoit un humain avec sa pathologie et pas une pathologie sans l’humain ».

Frénésie des patients

Un peu plus loin, dans la salle de conférence les invités découvrent une exposition photos qui retrace l’histoire de l’hôpital Henri Ey. Dominique, bibliothécaire, nous explique « cette exposition, nous y avons travaillé avec mes deux collègues Michelle et Brigitte. Brigitte a collecté toutes les informations sur ce qui existait avant la construction de l’hôpital Henri Ey et c’est elle qui a rédigé les panneaux s’y rapportant. Michelle quant à elle, a mené des recherches sur le Docteur Henri Ey et a rédigé le panneau sur sa biographie. Cette exposition va rester dans le hall du rez de chaussée jusqu’au 10 juin prochain afin que ceux qui n’ont pas pu venir aujourd’hui puissent quand même en profiter. Les poèmes qui vont servir à la réalisation de la fresque ont été écrits au cours des ateliers qui ont été organisés à la bibliothèque. En général, les patients les écrivent à la main et je me charge de les taper à l’ordinateur. Ce matin, Brigitte et moi avons aidé Emmanuelle à découper les phrases extraites des poèmes et qui vont ensuite être intégrées à la fresque. Ces mêmes poèmes seront intégrés dans un recueil de poèmes.»

La projection du film « Transfert » va démarrer, le temps des derniers réglages, nous interrogeons le  Docteur Linares qui nous confie : « cela fait 10 ans que je travaille dans l’établissement. Je me souviens du transfert des patients le jour de l’ouverture de l’hôpital Henri Ey. Je faisais partie de l’équipe soignante qui attendait les patients à Henri Ey. Ça a été un grand moment de joie. Ils quittaient des locaux avec un vécu, un grand parc, pour venir en ville, dans un bâtiment moderne, plus proche de leurs familles et amis. La proximité s’est aussi traduite entre les patients des différents services et aussi entre les personnels soignants. Je me souviens de la frénésie des patients lorsqu’ils ont découvert ce nouveau lieu, il y a 5 ans déjà, chacun amenant avec lui ses bagages et son histoire. Ici, les locaux sont plus exigus mais plus fonctionnels pour les patients. Il nous a fallu adapter notre façon de travailler car le mouvement constant peut parfois perturber la réflexion qui est menée dans notre travail. Les patients que nous accueillons présentent  des pathologies qui peuvent conduire à l'isolement, je trouve très positif l'investissement qu'ils ont fait des espaces du rez de chaussée avec la cafétéria, le local animation, la bibliothèque qui favorisent les rencontres, la sociabilité.».

Faire passer un message

Retour dans le hall où nous croisons Adil. Il est patient ici. Tout à l’heure, il a pris la parole au micro après l’intervention des patients de l’Hôpital de Jour de Varenne. « Je participe souvent aux animations, nous dit-il, que ce soit des films, du chant… je joue aussi au scrabble avec les animateurs. J’ai connu plusieurs établissements de soins psychiatriques. C’est ici que je me sens le mieux. Le téléphone portable est autorisé à mon étage, ce qui me permet de joindre ma famille qui vit loin. Tous les 15 jours, une psychomotricienne et deux infirmières m’accompagnent pour que je puisse faire du basket sur le terrain en face de l’hôpital.  Les ateliers auxquels je participe me permettent de mieux vivre. Si je témoigne aujourd’hui, c’est aussi pour faire passer ce message au reste des patients. »

Simone Dujarier, représentante de l’UNAFAM nous livre ces quelques mots « quand je repense à la création de l’hôpital Henri Ey, je me souviens avant tout de l’euphorie qui entourait la création de ce projet. Cinq ans après, je trouve qu’Henri Ey a bien tenu son rôle. Il était nécessaire de créer un tel établissement. J’apprécie également beaucoup la bibliothèque ainsi que le service animation car les activités proposées permettent d’éviter l’ennui des patients. » Nous rencontrons Elodie : « je ne suis plus patiente ici mais je tenais à revenir. J’ai écris un poème dont certaines phrases ont été reprises dans la fresque. Je suis quelqu’un d’assez réservé, aussi cela me fait quelque chose de voir que ma contribution a été utilisée comme cela. Lorsque j’étais patiente ici, je participais le plus possible aux ateliers proposés ; j’allais à la bibliothèque, sur Internet, j’écrivais… Ces ateliers me permettaient de m’occuper. J’ai aussi participé à la recherche du nom pour le journal des patients. Je me souviens être restée deux heures avec l’animateur et la bibliothécaire, sur le stand d’informations, à demander à tous les gens que je croisais de nous donner des idées. Aujourd’hui j’aurai pu m’occuper comme je voulais, il fait beau, j’aurai pu aller me balader, mais je tenais absolument à être là ! Je suis contente de revoir  des patients avec qui j’ai séjourné. Lorsque j’étais patiente ici, j’avais hâte de sortir mais aujourd’hui, je suis contente d’être venue.» Célia, à côté d’elle nous livre : « je trouve que c’est une belle journée, je suis contente d’assister à la naissance de la fresque. Je ne participe pas trop aux ateliers. Aujourd’hui, pour le moment, je préfère regarder, je suis un peu timide. Je participerai peut-être un peu plus tard.»

 Echange artistique

Au fil des heures, dans le hall, la fresque prend peu à peu vie. Emmanuelle, l’artiste qui l’a réalisée, nous explique comment est née cette idée. « Suite à un échange avec l’animation, la communication et la bibliothèque, je suis partie du thème du patient dans la ville que j’ai élargi à l’histoire de l’établissement. J’ai construis la fresque en faisant un parallèle entre cette histoire et celle de Paris à travers ces monuments. J’ai voulu retracer l’évolution jusqu’aux temps modernes. Dans la fresque, j’ai souhaité mettre en avant  un temps plus calme, symbolisé par le patient sur le banc. Ainsi, il peut se poser dans la ville. C’est quelque chose qui ressort dans les poèmes que j’ai lus et qui ont été écrits par les patients. Lorsque le patient vient à l’animation et à la bibliothèque, il se pose pour créer. Ce matin, nous avons fait une présélection des poèmes et des peintures que nous sommes en train de placer sur la fresque avec les patients. Leurs créations mettent en valeur la fresque et inversement. Le but est d’amener un moment de vie, arriver à faire vivre le quotidien à travers un échange artistique. Cela crée du rythme dans notre vie de tous les jours. » Au rythme de la musique placée en fond dans le hall, les patients et le personnel se relaient autour de la fresque : ils posent, collent, sélectionnent, repositionnent… Entre deux collages, Noura nous confie : « j’ai participé principalement aux ateliers peinture et dessin qui ont été proposés. Certaines des créations que j’ai réalisées sont utilisées aujourd’hui.  Je peignais et je dessinais déjà avant de venir ici, aussi je trouve une continuité.  Les ateliers me permettent de ne plus penser. J’aime y participer, le temps passe alors plus vite. Je vais aussi réfléchir sur la possibilité d’écrire dans le prochain numéro du journal des patients. »

Applaudissements des patients

Il est 16h, la fresque est achevée. Emmanuelle remercie l’ensemble des « artistes » pour leur participation à cette œuvre collective. Un temps fort qui a permis à travers l’art d’échanger, de discuter. L’art, il en sera encore question durant le goûter qui au détour de deux petits fours se transforme en scène d’improvisation musicale. Chacun prend le micro, on entend alors Dalida, des morceaux de rap, du slam, des rythmes qui font l’unanimité  et encouragés par les applaudissements des patients et personnels présents. Dans cette ambiance festive, Thierry, animateur, se rappelle : « lorsque je suis arrivé ici, il y a 5 ans, il n’y avait dans le bureau qu’une table et quatre chaises. C’était un peu froid pour recevoir des patients. C’était le point de départ. Les moyens humains étaient réduits puisque j’étais le seul animateur pour tout l’hôpital. Le projet animation a par la suite été nourri par les conversations menées avec les patients pour le défendre. Des besoins assez conséquents ont été mis en place avec l’embauche en 2007 d’une deuxième personne. Plus on a de moyens humains et plus on peut faire de choses. Mais je dirai qu’il y a aussi la qualité des moyens humains qui compte. Aujourd’hui, nous disposons d’une coordination plus large et par conséquent plus efficace ainsi que d’une plus grande variété des champs de compétences. Nous essayons d’impliquer le plus de monde possible, patients et membres du personnel. Ce champ d’activité a besoin d’être développé, partant du principe que l’on peut toujours faire mieux. Le local animation est un endroit où le patient vit autrement, où il  a d’autres références visuelles. Il va d’ailleurs  s’agrandir dans peu de temps. Tout cela va dans le bon sens, montrant ainsi que la mobilisation humaine peut faire de grandes choses. C’est cette idée qui nous anime aujourd’hui. Notre rôle est de continuer à faire vivre la partie non malade du patient. La réalisation de cette fresque est quelque chose de positif car elle permet de créer des échanges. »

Sachez que la fresque réalisée sera conservée et exposée prochainement au self de l’hôpital Henri Ey qui est un lieu où se retrouvent personnels et patients.

Si vous souhaitez également apporter votre point de vue sur cette journée anniversaire, n’hésitez pas à nous contacter communication@gpspv.fr.

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